
Pour les enseignants et chefs de chœur, l’intérêt de cette programmation tient moins à son abondance qu’à la place donnée aux projets collectifs: les élèves seront invités à passer d’une pratique vocale à une expérience scénique, de l’écoute polyphonique à l’improvisation. L’établissement compte environ 195 élèves et 12 professeurs.
Une saison où le chœur devient matière scénique
Le rendez-vous choral annoncé en octobre, sous la direction de Marina Graff, sera consacré au thème du Grand Nord. Ce cadre thématique peut offrir aux groupes d’enfants un terrain de travail particulièrement fécond: construction d’une couleur d’ensemble, précision de la prosodie, gestion des contrastes et cohérence de l’interprétation collective. Aucune œuvre précise ni aucun dispositif vocal n’étant détaillé, il est encore trop tôt pour parler de tessiture ou d’écriture polyphonique; il faudra attendre les informations pédagogiques de l’établissement pour mesurer les exigences exactes du programme.
La programmation théâtrale apporte un autre prolongement à cette démarche. Les plus jeunes travailleront sur Le grand cirque Traviata, une œuvre de Jean-Paul Allègre, tandis que les adolescents et les adultes découvriront La bibliothèque de Don Quichotte, une pièce écrite par Jean-Pierre Jérôme, professeur de théâtre. Pour un projet scolaire, cette articulation entre texte, présence scénique et chant permet de ne pas réduire la pratique chorale à la seule justesse musicale: le souffle, l’articulation et la capacité à porter une intention deviennent également des objets de travail.
Jazz, instruments et pratiques collectives
Un atelier hebdomadaire d’improvisation jazz sera animé par Tarek Helmi. Là encore, le point important pour les jeunes chanteurs réside dans le changement de rapport à la partition: l’élève ne se contente plus de restituer une ligne mélodique, il doit écouter, mémoriser, réagir et trouver sa place dans un cadre harmonique mouvant. Pour les groupes débutants, les modalités restent à préciser, mais l’existence même de cet atelier signale une volonté d’élargir les parcours au-delà du répertoire écrit.
La rentrée prévoit aussi le développement de la classe clarinette-hautbois d’Alghaith Alezoubaydi, avec un récital programmé le 21 novembre. Cette présence des vents dialogue naturellement avec le travail choral: respiration, soutien du son, écoute des attaques et recherche d’un phrasé commun peuvent devenir des points de rencontre entre instrumentistes et chanteurs, à condition que les projets soient effectivement construits dans cette direction.
Le projet Hug, piloté par Pierre Gueye, réunira pour sa part batterie, musique assistée par ordinateur, musique actuelle, techniques du spectacle et régie. Cette ouverture intéressera particulièrement les équipes qui cherchent à familiariser les élèves avec l’ensemble de la chaîne artistique, depuis la préparation musicale jusqu’aux conditions concrètes de représentation.
Les rendez-vous à vérifier pour la rentrée
Les cours reprendront le lundi 14 septembre, aux deuxième et troisième étages du château de La Loupe. Les réunions de classe sont organisées par discipline; pour les chorales et la technique vocale, le rendez-vous est fixé au samedi 12 septembre à 10 heures. Les inscriptions pour l’année 2026-2027 étaient prévues le 4 septembre, de 17 heures à 19 heures, en salle d’orchestre, tandis que l’école devait également participer au forum des associations le 5 septembre.
Pour les familles et les enseignants qui souhaitent suivre le projet, le calendrier artistique ne s’arrête pas à la rentrée: un festival intitulé « Oh La! Loupe pas ça! » se tiendra du 5 au 12 juin, et une randonnée musicale, Promenons-nous dans les bois, est annoncée le 6 juin à 20 heures. La valeur de cette saison se lira donc dans la continuité des propositions: faire du chœur non pas une activité isolée, mais un espace où la voix, le théâtre, l’écoute instrumentale et les outils de scène apprennent à fonctionner ensemble.